University of Western Ontario - Electronic Thesis and Dissertation Repository

Degree

Doctor of Philosophy

Program

French

Supervisor

Jeff Tennant

Abstract

Les linguistes opposent généralement la production orale à la production écrite, dégageant ainsi les caractéristiques de chacune. À l'écrit, on associe les registres correct et soutenu, tandis que la langue parlée présenterait plus de traits des registres familier, populaire et vulgaire. Mais selon Biber et Conrad (2001), ce seraient les diverses composantes de la situation de communication qui s'avéreraient déterminantes dans le recours à certaines variations linguistiques.

Dans le domaine de la communication médiée par ordinateur (CMO), on qualifie souvent les textes affichés d'hybrides parce qu'on y retrouve une forme d'écriture qui, à divers degrés, se rapproche de l'oral. Cette thèse a pour objectif de déterminer si la nature interactive d’une des formes du discours médié par ordinateur (DMO), le blogue, favorise le recours aux traits de la langue parlée. Afin d’atteindre notre but, nous n’avons sélectionné que les blogues journalistiques, car ils présentent l'avantage d'être écrits par des auteurs dont le profil est assez uniforme, et ceux-ci possèdent, en principe, une bonne connaissance de la langue.

Notre démarche a consisté à relever les mots et expressions familiers et populaires et les divers « écarts » par rapport à la norme du français de l'Hexagone et à celle du français écrit au Québec ou au Canada pour mesurer l’ampleur de cette pratique chez 40 journalistes blogueurs québécois, soit 20 femmes et 20 hommes. Cependant, il n'est utile de faire du caractère interactif une variable que si l'on peut comparer les blogues à d'autres genres de textes. Pour ce faire, nous avons procédé à une comparaison des billets de blogues avec les articles de journaux traditionnels des journalistes blogueurs. L'échantillon de cette étude se compose de 20 billets de blogue et de 10 articles de journaux pour chaque journaliste.

Dans cette étude quantitative et qualitative, nous démontrons que, en général, les journalistes ont davantage recours aux traits de la langue parlée dans leurs billets que dans leurs articles de journaux, et que ces variations de style sont le plus souvent intentionnelles ou délibérées, constituant ainsi un procédé discursif. En examinant les contextes, nous précisons les intentions qui poussent les journalistes à faire appel à cette stratégie discursive.

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