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Abstract

Cet article s'intéresse à la duchesse de Châtillon (1627-1695) et à son utilisation, fréquemment feinte, des émotions, et plus précisément de l’affliction, comme stratégie d’intervention sociale. Issue de la prestigieuse maison des Montmorency, cette éminente aristocrate a fait l’objet de très peu d’études. Veuve à deux reprises, elle a pourtant tenu le rôle de négociatrice officieuse pour Louis XIV dans le Saint-Empire romain germanique, alors que les femmes étaient à l’époque tenues à l’écart des affaires politiques. L'argumentation s'appuie d’une part sur la correspondance diplomatique de la duchesse avec d’éminents hommes d’État de l’époque, dans laquelle elle tend à mettre en scène ses émotions afin d’obtenir satisfaction de la part de ses correspondants. L'article se base également sur plusieurs Mémoires de l’époque où il est reproché à la duchesse, de manière répétée, son manque de sincérité et son "caractère de déguisement". Grâce à l’analyse d’une correspondance politique essentiellement inédite, c'est donc une trajectoire féminine atypique du Grand Siècle qui est ici explorée, au travers d’une approche originale, celle de l’histoire des émotions.

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