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Abstract

La bande dessinée est un genre ou un art dans lequel l’image (le dessin) et l’écrit se mettent ensemble et se mêlent intimement pour raconter une seule et même histoire. S’intéressant à sa construction et à son fonctionnement, Thierry Groensteen la perçoit comme un ‘’système’’, créé par la « combinatoire originale d’une (ou deux, avec l’écrit) matière(s) de l’expression, et d’un ensemble de codes», qui demande à son lecteur de trouver en son sein « une voie d’accès […] qui permette de l’explorer dans sa totalité et d’en faire apparaître la cohérence» ; point de vue qui met en exergue les difficultés que semble intimement porter la bande dessinée. Difficultés qui lui ont longtemps valu d’être considérée comme puérile avant de gagner ses lettres de noblesse. En arguant la cinquantaine d’années de pratiques de cet art en Afrique, peut-on prétendre à l’existence d’une bande dessinée typiquement africaine ? Une tentative de lecture de la constitution d’un champ de la bande dessinée africaine francophone en prenant pour preuve les différentes productions qu’elle comprend ne se solderait-elle pas en une aventure aussi périlleuse que celle qu’offre déjà le champ littéraire africain ? Cet état de faits suscite l’interrogation suivante : « Marguerite Abouet : une (im)posture dans la bande dessinée africainefrancophone ? »