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Abstract

Île restée française dans l’archipel des Comores, Mayotte est considérée par l’un de ses écrivains francophones comme une « miette d’Afrique » (Baco, 2011 : 52) perdue dans l’océan Indien. Pour cette raison, on peut considérer la bande dessinée francophone de Mayotte comme une africaine, voire swafricaine étant donné que la langue de l’île provient du swahili, comme le confirment les étymons recueillis par Sophie Blanchy dans son dictionnaire de la langue de Mayotte (Blanchy, 1996). La « littérature en estampes », pour reprendre l’expression par laquelle la désignait son père Töpffer, apparaît à Mayotte dans les années 1980, grâce aux dessins de presse de Vincent Liétar. Ce flambeau est plus tard repris, autour de 2010, par Cyrille Le Corre. Les deux auteurs de bande dessinée possèdent de nombreux points communs, à commencer par leur origine métropolitaine, mais aussi et surtout par le succès de leurs personnages respectifs.