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Mouvances Francophones (MF) (ISSN 2371-7211) est une revue électronique interdisciplinaire, évaluée par des pairs, et dont l’accès est libre. La Revue accepte actuellement des propositions d’articles (en français de préférence) de la part de professionnels qui définissent la francophonie sub-saharienne (ici principalement les écrivains et critiques).

Les écrivains africains s’expriment en français pour atteindre des lecteurs nationaux et internationaux, les ex-colonisés d'Afrique et d'ailleurs, comme les nationaux des pays colonisateurs ou simplement francophones. D'un autre côté, les littératures francophones post-coloniales sont étudiées par rapport à une identité nationale, et nous nous penchons sur le cas de la littérature francophone « Sub-Saharienne ». Les écrivains francophones sont « sénégalais », « congolais », de la diaspora (le cas des Antilles par exemple), sans compter la zone géographique qu'ils habitent effectivement (Afrique, Europe, Amérique), ni l'arbitraire des frontières rectilignes nationales qui ont divisé des communautés naguère homogènes et indépendantes et qui aujourd'hui divisent certaines ethnies en « minorités » englobées avec d'autres ethnies plus fortunées en ce qu'elles sont restées regroupées. Depuis l'indépendance des colonies d'Afrique, la langue française est alors une langue officielle, que les auteurs utilisent infléchie par l'effet local d'interférences linguistiques ou développements insulaires qui diffèrent de la langue académique française, c'est-à-dire de celle des meilleurs écrivains français canoniques dans l'espace géographique et identitaire de « l'hexagone » français—incluant des écrivains africains tel Senghor.

Reprenant le concept d' « ethnicité fictive » d'Etienne Balibar, Christiane Albert estime que le modèle nationaliste européen élaboré par Herder contre « la conception littéraire universaliste française » supposait « une identité 'naturelle' entre une langue, et une nation qui s'exprimait à travers un patrimoine culturel national garant de « l'âme' d'un peuple » (2005). De ce point de vue, il reste paradoxal que la pratique de l'écriture francophone cimente une unité nationale africaine. Néanmoins, surtout en ce qui concerne le roman de mœurs, une des veine sensible des romancières des années 1980, c’est moins l’universalisme qui est visé, mais une attitude spécifique liée à une pratique ou à la forme spécifique d’interaction locale à réformer ou à repenser—et alors par exemple, la langue française permet de prendre à témoins les groupes externes comme adopter d’emblée une perspective « candide » et « moderne » sur une coutume ou une tradition inutilement blessante.

Depuis 2007, le concept de « littérature-monde » suppose un universalisme cosmopolite qui efface les distinctions entre les littératures nationales pour privilégier la communauté linguistique et abolir les frontières par le qualificatif « francophone » comme distinct de l'identité culturelle française de l'hexagone, ou du Québec, ou « belge ». Par ailleurs, le concept de « littérature migrante » multiplie les nuances et les déclinaisons de « frontières » identitaires, et doubles codes linguistiques, dans la langue française (ou hors de la langue française mais avec elle) et le rapport de la langue à la « nation » d'origine ou d'immigration. La « Littérature Tout-Monde » de Glissant suggère une interpénétration des identités sur un modèle Antillais. L'objectif de ce journal est de suivre les « mouvances » de ces concepts apparemment contradictoires de la francophonie traditionnellement désignée comme « Sub-Saharienne » ou de la diaspora africaine antillaise, et d’étudier la question du qualificatif littéraire de « francophone » à l'aide de textes définissants la « Francophonie » et les coopérations culturelles (ici principalement littéraires) qu'elle recouvre.

Pour toute question, n’hésitez pas à communiquer avec l’éditrice .

Volume 2, Numéro 1 (2017)
La Bande dessinée africaine. Musée(s) du contemporain francophone

Alain Agnessan, éditeur~directeur

« The best preventive to comparative methods is an insistence on literalness and materiality. That is why, rather than comparing this novel or poem with that painting or statue, I find it more helpful to begin with actual conjunctions of words and images in illustrated texts, or mixed media such as film, television, and theatrical performance. » Cet extrait du Picture Theory de W.J.T Mitchell aurait pu, tout bonnement, servir d’épigraphe au propos; tout comme le titre, qui le chapeaute, n’est que la traduction d’un chapitre (Beyond Comparison) extrait du même essai. Le gain de l’intertexte est tant économique qu’herméneutique. Le fait est que Mitchell asserte et démontre mieux que la pureté des médias régulièrement posée, d’une façon péremptoire mais théoriquement peu aisée à démontrer, n’est qu’un leurre. Ce mode de distinction fonctionne traditionnellement à l’aune du couple paradigmatique Image/Texte au sein duquel la barre oblique tient lieu de césure dialectique et de cloison. Le postulat est connu et le rappeler ne relève plus de l’évènement : le texte serait hiérarchiquement plus valable et esthétiquement, surtout moralement, plus élevé que l’image. Mutatis mutandis, c’est la spectacture qui se voit devaluée au profit de la lecture.

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