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Abstract

Cet article aborde la question de l’existentialisme dans Trois jours et le néant de l’écrivain marocain Youssef Wahboun. Le roman opère une diagnose complexe des conditions sociales des personnages tirés du contexte marocain actuel, ce qui lui accorde sa pertinence comme discours sur le social de cet espace précis. Néanmoins, le présent article repose sur le postulat que, par l’usage d’un langage imbu de multiples paliers de significations, le roman délocalise l’horizon de son imaginaire, poussant ainsi sa signification au-delà de la frontière nationale. C’est un roman qui traite de la complexité de la condition humaine en général. D’autre part, dans ce roman, le passage inévitable du temps devient l’élément central de l’inscrutabilité de la condition humaine en quête du sens de la vie et de son épanouissement dans la société. Cet article se focalise donc sur la peinture de personnages, surtout le personnage principal, comme symbole de l’inconfort existentialiste humain, cause à la fois de son immobilisme et de son errance dans l’espace et dans le temps. L’esthétique narrative de Wahboun et la peinture naturaliste de l’intériorité de ses personnages nous permettent de sonder au fond de leurs soucis quotidiens, leurs espaces d’interaction et les motifs de leurs (in)actions. Si la critique du roman postcolonial a toujours favorisé le politique sur l’humain, le roman de Wahboun, est une invitation à réviser cette tendance qui à la limite appauvrit cette littérature, limitant par ailleurs son universalité.

This paper examines the question of existentialism in Trois jours et le néant by the Moroccan writer Youssef Wahboun. The novel constitutes a complex diagnosis of the social conditions of the characters evidently based in present day Morocco, according it the status of discourse on the Moroccan social reality. However, this article is premised on the argument that through the use of language pregnant with multiple strata of meanings, the novel delocalizes its imaginative space, stretching its significance beyond its visible contextual borders. In other words, the text addresses the complexity of the human condition in general. In another dimension, the inevitable passage of time posits as the central element of the inscrutability of the human condition, the quest for meaning and self-realisation in the society. The article focuses on the portrait of characters, especially the protagonist as a symbol of the existentialist human angst, caused both by his immobilism and his restlessness in space and time. Wahboun’s narrative technics and his naturalistic portrayal of characters’ interiority grant the reader access to their daily worries, their spaces of interaction and the motifs behind their (in)actions. If the criticism of postcolonial novel has oftentimes been limited to the political and less on the human dimension, Wahboun’s novel constitutes an invitation for an alteration in this disposition that sometimes obscures and limits the universal dimension and depth of African literature.